Une femme
S’il arrivait un jour en quelque lieu sur terre,
Qu’une entre vous vraiment comprît sa tâche austère,
Si, dans le sentier rude avançant lentement,
Cette âme s’arrêtait à quelque dévouement,
Si c’était la bonté sous les cieux descendue,
Vers tous les malheureux la main toujours tendue,
Si l’époux si l’enfant à ce cœur ont puisé,
Si l’espoir de plusieurs sur Elle est déposé,
Femmes enviez-la tandis que dans la foule
Votre vie inutile en vains plaisirs s’écoule,
Et que votre cœur flotte au hasard entraîné,
Elle a sa foi son but et son labeur donné.
Enviez-la qu’il souffre ou combatte c’est Elle
Que l’homme à son secours incessamment appelle,
Sa joie et son appui son trésor sous les cieux,
Qu’il pressentait de l’âme et qu’il cherchait des yeux,
La colombe au cou blanc qu’un vent du ciel ramène
Vers cette arche en danger de la famille humaine,
Qui, des saintes hauteurs en ce morne séjour,
Pour branche d’olivier a rapporté l’amour.
Louise Ackermann