Roses d'Automne
Aux branches que l’air rouille et que le gel mordore,
Comme par un prodige inouï du soleil,
Avec plus de langueur et plus de charme encore,
Les roses du parterre ouvrent leur cœur vermeil.
Dans sa corbeille d’or août cueillit les dernières :
Les pétales de pourpre ont jonché le gazon.
Mais voici que soudain les touffes printanières
Embaument les matins de l’arrière-saison.
Les bosquets sont ravis le ciel même s’étonne
De voir sur le rosier qui ne veut pas mourir,
Malgré le vent la pluie et le givre d’automne,
Les boutons tout gonflés d’un sang rouge fleurir.
En ces fleurs que le soir mélancolique étale,
C’est l’âme des printemps fanés qui pour un jour,
Remonte et de corolle en corolle s’exhale,
Comme soupirs de rêve et sourires d’amour.
Tardives floraisons du jardin qui décline,
Vous avez la douceur exquise et le parfum
Des anciens souvenirs si doux malgré l’épine
De l’illusion morte et du bonheur défunt.
Nérée Beauchemin.