Octobre
Passée cette ombre petite et pauvre
l’horizon prenait couleur d’hérésie
un dos de dragon
le tranchant d’une épée empoisonnée
Un souffle abstrait dans la poussière du ciel,
ce n’était plus un refuge
mais une chimère noire
une bague de néant
qu’un cavalier d’apocalypse
avait tenue contre ses dents
pour la fée folle des sables
Au confluent des peurs
seul et sec
l’arbre était
l’épouvantail du vide.
Il voyait le monde aveugle
le monde et des saisons
le monde de l’anathème
et du poignard dans l’épaule.
Il écoutait le chant d’un espace sans oiseau,
la plainte des esprits calcinés
plus un rire pareil au repentir de l’ange
André Velter