L'été indien
Bleu azur, point de zéphyr en désir, dérives
En point de mire, et l’on s’esclaffe de rires en rires ;
Habits du dimanche, de soie et nappes blanches,
En soi, la brise nous effleure, indéfectible
On s’effile, de fil en fil, filles de villes
A l’éternelle langueur vile et souvent futile,
Aux effets de serre toujours mauvaise mine,
A leurs miroirs gris, reflets tragiques en déprime
C’est l’été indien des folâtres musiciens
Et l’on danse, et l’on saute, et l’on chante, et l’on pose
A tout va, en va-et-vient qui s’impose en vain
Les notes fines, en sourdine, trompent l’osmose
Puis les villes se distillent encore en faux-filet
Les campagnes perdent le nord, d’un cil, indignes
Les cultures de vignes tombent dans l’oubli
Les cathédrales immortelles n’ont plus de prix été indien.
Frédéric Degroote.