Dimanches (II))
Oh ! ce piano, ce cher piano,
Qui jamais, jamais ne s'arrête,
Oh ! ce piano qui geint là-haut
Et qui s'entête sur ma tête !
Ce sont de sinistres polkas,
Et des romances pour concierge,
Des exercices délicats,
Et La Prière d'une vierge !
Fuir ? où aller, par ce printemps ?
Dehors, dimanche, rien à faire....
Et rien à faire' non plus dedans....
Oh ! rien à faire sur la Terre !....
Ohé, jeune fille au piano !
Je sais que vous n'avez point d'âme !
Puis pas donner dans le panneau
De la nostalgie de vos gammes....
Fatals bouquets du Souvenir,
Folles légendes décaties,
Assez ! assez ! vous vois venir,
Et mon âme est bientôt partie....
Jules Laforgue