• Automne
    La rivière s’écoule avec lenteur. Ses eaux
     Murmurent, près du bord, aux souches des vieux aulnes
     Qui se teignent de sang ; de hauts peupliers jaunes
     Sèment leurs feuilles d’or parmi les blonds roseaux.
    Le vent léger, qui croise en mobiles réseaux
     Ses rides d’argent clair, laisse de sombres zones
     Où les arbres, plongeant leurs dômes et leurs cônes,
     Tremblent, comme agités par des milliers d’oiseaux.
    Par instants se répète un cri grêle de grive,
     Et, lancé brusquement des herbes de la rive,
     Etincelle un joyau dans l’air limpide et bleu ;
    Un chant aigu prolonge une note stridente ;
     C’est le martin-pêcheur qui fuit d’une aile ardente
     Dans un furtif rayon d’émeraude et de feu.

    Jules Breton

    Bon jeudi... 


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  •  Très bonne journée à vous mes ami(es)
    Gros bisous

    Bon jeudi...


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  •  Dans le parc
    Dans le parc aux lointains voilés de brume, sous
     Les grands arbres d’où tombe avec un bruit très doux
     L’adieu des feuilles d’or parmi la solitude,
     Sous le ciel pâlissant comme de lassitude,
     Nous irons, si tu veux, jusqu’au soir, à pas lents,
     Bercer l’été qui meurt dans nos cœurs indolents.
     Nous marcherons parmi les muettes allées ;
     Et cet amer parfum qu’ont les herbes foulées,
     Et ce silence, et ce grand charme langoureux
     Que verse en nous l’automne exquis et douloureux
     Et qui sort des jardins, des bois, des eaux, des arbres
     Et des parterres nus où grelottent les marbres,
     Baignera doucement notre âme tout un jour,
     Comme un mouchoir ancien qui sent encor l’amour.

    Albert Samain

    Bon jeudi...


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  •  Je viens vous souhaiter une bonne journée à tous
    Gros bisous

    Bon jeudi...


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  •  

    Fuite d'automne
    Sors de ta chrysalide, ô mon âme, voici
    L'Automne. Un long baiser du soleil a roussi
    Les étangs ; les lointains sont vermeils de feuillage,
    Le flexible arc-en-ciel a retenu l'orage
    Sur sa voûte où se fond la clarté d'un vitrail ;
    La brume des terrains rôde autour du bétail
    Et parfois le soleil que le brouillard efface
    Est rond comme la lune aux marges de l'espace.
    Mon âme, sors de l'ombre épaisse de ta chair
    C'est le temps dans les prés où le silence est clair,
    Où le vent, suspendant son aile de froidure,
    Berce dans les rameaux un rêve d'aventure
    Et fait choir en jouant avec ses doigts bourrus
    La feuille jaune autour des peupliers pointus.
    La libellule vole avec un cri d'automne
    Dans ses réseaux cassants ; la brebis monotone
    A l'enrouement fêlé des branches dans la voix ;
    La lumière en faisceaux bruine sur les bois.
    Mon âme en robe d'or faite de feuilles mortes
    Se donne au tourbillon que la rafale apporte
    Et chavire au soleil sur la pointe du pied
    Plus vive qu'en avril le sauvage églantier ;
    Cependant que de loin elle voit sur la porte,
    Écoutant jusqu'au seuil rouler des feuilles mortes,
    Mon pauvre corps courbé dans son châle d'hiver.
    Et mon âme se sent étrangère à ma chair.
    Pourtant, docilement, lorsque les vitres closes
    Refléteront au soir la fleur des lampes roses,
    Elle regagnera le masque familier,
    Et, servante modeste avec un tablier,
    Elle trottinera dans les chambres amères
    En retenant des mains le sanglot des chimères.

    Cécile Sauvage

    Bon jeudi...


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