• Promesses de mars...

    Promesses de mars
    Quand Mars sème ses giboulées
    Dont la grêle folle étincelle,
    Quand, de ses blanches aiguillées,
    Le givre brode de dentelle
    Les noires branches des allées,
    Dans les herbes renouvelées
    Déjà prêtes pour l'asphodèle,
    D'exquises senteurs exhalées
    Annoncent le retour fidèle
    Des douces brises exilées :
    Et des collines aux vallées,
    Le petit rouge-gorge appelle,
    Secouant ses ailes mouillées,
    Les jours où le bois entremêle,
    Pour cacher les nids, ses feuillées.
    Mais aux âmes inconsolées
    Qu'importe que Juin amoncelle
    Sur les vieux murs les giroflées,
    Et que dans les airs bleus ruisselle
    Un flot de chansons roucoulées ?
    Mes espérances sont allées
    Dans la froide tombe avec celle
    Qui dort au champ des mausolées ;
    Le Printemps est mort avec elle ;
    Toutes saisons sont désolées.

    Auguste Angellier

    Bon jeudi...


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  • Je viens vous souhaiter une bonne journée à tous
    Gros bisous

    Bon jeudi...


    13 commentaires
  • Le parfum
    Lecteur, as-tu quelquefois respiré
    Avec ivresse et lente gourmandise
    Ce grain d'encens qui remplit une église,
    Ou d'un sachet le musc invétéré ?
    Charme profond, magique, dont nous grise
    Dans le présent le passé restauré !
    Ainsi l'amant sur un corps adoré
    Du souvenir cueille la fleur exquise.
    De ses cheveux élastiques et lourds,
    Vivant sachet, encensoir de l'alcôve,
    Une senteur montait, sauvage et fauve,
    Et des habits, mousseline ou velours,
    Tout imprégnés de sa jeunesse pure,
    Se dégageait un parfum de fourrure.

    Charles Baudelaire

    Bon jeudi...


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  • La tour Eiffel
    Mais oui, je suis une girafe,
    M’a raconté la tour Eiffel,
     Et si ma tête est dans le ciel,
     C’est pour mieux brouter les nuages,
     Car ils me rendent éternelle.
     Mais j’ai quatre pieds bien assis
     Dans une courbe de la Seine.
     On ne s’ennuie pas à Paris :
     Les femmes, comme des phalènes,
     Les hommes, comme des fourmis,
     Glissent sans fin entre mes jambes
     Et les plus fous, les plus ingambes
     Montent et descendent le long
     De mon cou comme des frelons
     La nuit, je lèche les étoiles.
     Et si l’on m’aperçoit de loin,
     C’est que très souvent, j’en avale
     Une sans avoir l’air de rien.

    Maurice Carême

    Janvier...


    17 commentaires
  • Très bonne journée à vous mes ami(es)
    Gros bisous

    Janvier...


    10 commentaires


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